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Reportage sur les vitraux Chigot à Conakry

Cathedrale-Conakry-vitraux-francis-chigot

L’édification de la cathédrale Sainte-Marie de Conakry (République de Guinée) et ses vitraux Chigot (1925 à 1938).

En 1855, après les guerres européennes de conquête de l’Afrique, la conférence de Berlin fixe les limites des territoires coloniaux par la division de l’Afrique, dont celui de la Guinée française. La première mission française apostolique en Guinée date de 1877.

En 1890, Conakry devint la capitale de la Guinée française et des missionnaires s’y installèrent. Mgr Lerouge, alors Préfet apostolique de Guinée, à l’époque de l’administration française, devenu évêque en 1920, souhaita édifier une cathédrale à Conakry.

Il en confia la conception à l’architecte M. Wulfleff, architecte de la cathédrale de Dakar qui en arrêta les plans en 1925. Après la recherche de donateurs, le chantier commença en 1931 sous la direction du Frère Jean, un hollandais et avec l’appui de l’ingénieur chargé des grands travaux du port de Conakry.

La première pierre a été bénie le 2 juillet 1933 et la cathédrale fut inaugurée à Noël 1934. Le père Fautrard l’avait décorée de peintures murales qui subsistent en bon état mais les vitraux n’étaient pas encore installés puisqu’ils ne furent commandés qu’en 1935 et livrés en 1938. (voir la notice des Archives >>)

La cathédrale, siège de l’archidiocèse, est un beau monument jaune et rouge en excellent état dominé par une haute tour visible de tout Conakry où se déroulent des cérémonies, notamment des messes chantées et dansées le dimanche. Mgr Vincent Coulibaly en exerce la responsabilité pastorale depuis 2003.

L’église comporte une petite crypte, un siège épiscopal remarquable en cuir brodé de motifs sahariens, orné de cornes d’éléphant et de gazelle. Les cloches sont tirées par une corde. Les fonds baptismaux sont malheureusement couverts de déjections d’oiseaux qui peuvent parfois entrer dans l’église malgré les grillages des fenêtres.

Deux canons ont été installés debout au fond de l’église, difficilement rattachables à un évènement précis. (mais un aigle gravé devrait permettre de les identifier)

Au sein de ce pays essentiellement musulman, les chrétiens sont environ 8% de la population, dont 4% de catholiques. La cohabitation des différentes religions ne pose pas -pour le moment- de problème.

L’église comporte des vitraux de lumière et des vitraux religieux et un ensemble de peintures remarquables (dues au père Fautrard) et en très bon état malgré le climat humide et chaud. 
L’excellent état des vitraux est du à la technique utilisée par Francis Chigot , celle du « dépolissage du verre », qui a remplacé habilement pour ce climat  l’« asole » ou couverture utilisé habituellement et qui devait être refaite chaque année. Le verre a ainsi été protégé depuis près de 100 ans.

Ceux de la coupole et de la rosace sont formés d’un ensemble de petites baies toutes identiques, superposées, ou assemblées, mais de couleurs vives, rouges, bleues, jaunes, vertes et blanches, d’un modernisme saisissant, sans dessins.

Les vitraux religieux de la nef, représentant des saints et saintes, (mais aussi des religieux et religieuses de l’époque !), sont de couleurs également vives, aux traits rudes, typiques de cette époque de l’Atelier Chigot de la fin des années 30, qui a permis de les repérer.

Ils sont regroupés par trois sous une arche et surmontés d’une fresque peinte du chemin de croix. Ils sont presque tous présents. Deux semblent avoir été cassés – ou n’ont jamais installés (ils ne sont pas entreposés dans la crypte très bien surveillée).

Chaque vitrail comporte deux bandeaux, un supérieur citant le nom du saint, et un inférieur citant le nom du donateur. Certains bandeaux seraient à restaurer ou à remplacer. Une restauration serait nécessaire sur certains mais ils sont en très bon état général, lumineux et n’ont pas de moisissures.
Chaque vitrail est surmonté d’une petite niche de lumière sans verre mais grillagée pour empêcher les intrusions d’oiseaux. Les niches permettent une ventilation naturelle et apportent encore plus de lumière aux fresques des murs.

Une superbe rosace de vitraux de couleur éclaire le fond de la nef, au-dessus d’un balcon destiné au choeur des musiciens tandis qu’une rosace de verre blanc éclaire l’entrée latérale gauche.

Aucun des vitraux n’est signé mais les archives de F.Chigot témoignent de la commande dont le dessin final fut exécuté par Pierre Parot de l’atelier du Vitrail. Il semble que le commanditaire ayant exécuté une première esquisse (le père Fautrard lui-même peintre) n’ait pas souhaité que contrairement aux habitudes, la signature de l’atelier Francis Chigot soit indiquée et c’est l’oeil exercé d’un membre de la famille Chigot qui les a fait repérer à Conakry puis ré identifier en 2017.
L’ensemble de l’église, récemment repeinte à l’extérieur grâce à un généreux mécène, est très gai, bien ventilé et lumineux.

par Michèle Froment-Védrine, 27 janvier 2019

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