Francis Chigot, Maître-Verrier, Limousin, 1879-1960

Naissance et académies d’un artiste

Léonard Chigot, né à Saint-Léonard-de-Noblat en 1841 d’une lignée de tailleurs d’habits, devient peintre-décorateur. En 1869, il épouse Anne Jourde, fille d’un sculpteur-tailleur de pierre de la commune d’Aureil. En 1875, il crée une entreprise de peinture-décoration en tous genres, au 3 rue de la Courtine à Limoges. C’est là que naît son fils François, dit Francis en 1879. Francis Chigot, devenu bachelier, poursuit ses études à l’Ecole des Arts Décoratifs de Limoges dont il sort avec le 1er grand prix en 1899. Il va à Paris poursuivre ses études d’art, mais à la mort de son père en 1903, il revient à Limoges et reprend l’entreprise familiale. Depuis ses études il a toujours eu en tête de faire du vitrail et en 1907 il ouvre son atelier au 54 rue Montmailler à Limoges entouré d’une petite équipe de peintre sur verre et coupeurs-monteurs-poseurs en vitraux. Il signe alors le début de sa longue carrière (53 ans) de maître-verrier.

Les personnalités du Limousin : Francis Chigot, maître verrier - une séquence en image de France 3 Nouvelle Aquitaine

Les grands prix et les paysages Art nouveau

Dès 1908, il participe au Salon des Artistes Français avec « L’émaillerie limousine » (Musée BAL à Limoges). C’est l’âge d’or des paysages « Art nouveau » pour des bâtiments publics ou privés. Suit une longue liste de participations aux salons des Artistes Décorateurs, Salons d’Automne, aux expositions du Musée Galliéra. Et les distinctions se multiplient.

Il se marie en 1909 avec Elina Coursaget, fille unique d’un entrepreneur de maçonnerie Creusois. Ils ont eu 5 enfants. Mobilisé en août 1914, il combat sur l’Yser où il est blessé. Début 1915, versé dans la territoriale à Limoges, il reprend en parallèle son travail.

Le style Art Déco
et les expositions internationales

Après 1920, ses créations furent influencées par le style « Art Déco » (Chambre de Commerce de Limoges), « La Tapisserie » au Musée d’Aubusson, la gare des Bénédictins, et tous les vitraux des casinos et hôtels de Vichy ou d’autres stations thermales. 

Il est récompensé par des grands prix aux expositions d’Amiens (1919), de Lille (1920), Limoges, Tulle, Poitiers …et obtient le Grand Prix à l’exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925 avec son décorateur principal Pierre Parot, à l’Exposition coloniale internationale de Paris en 1931, et à celle de 1937.

Période de la reconstruction et travail avec les Monuments Historiques

En s’entourant de plusieurs dessinateurs, Francis Chigot a su varier son style et s’imprégner de tous les courants artistiques de son époque. Il a pu répondre aux demandes de vitraux civils comme de vitraux religieux et créer des plafonds vitrés pour des banques ou casinos comme des baies pour les églises de la Reconstruction dans le nord de la France (1923-1933). Dès 1917, il travaille pour des églises classées « Monument Historique » soit pour restaurer des vitraux anciens soit pour de nouvelles créations, et cela jusqu’à la fin de sa vie : Arbre de Jessé à N.D. de la Borne (23), Abbatiale de Conques (12)…

Carrière internationale
et verrières outre-Atlantique

Francis Chigot s’est fait connaître à l’étranger et en premier par les onze verrières de la basilique Notre-Dame de Montréal (1929-1932) avant d’autres créations à Quebec… De 1953 à 1957, il a entrepris plusieurs voyages aux Etats-Unis  pour nouer des contacts ou apprécier l’avance des travaux. Quelques exempls : Cathédrale de Richmond (Virginie), Saint Matthew d’Akron (Ohio), Saint François de Norristown (Pennsylvanie)… En 1947, Francis Chigot crée avec son fils Pierre, diplômé de l’Ecole du Louvre et de l’Institut d’Art et d’Archéologie de Paris, une société « Etablissements Francis et Pierre Chigot ». Ils poursuivent inlassablement restaurations et créations (en Algérie notamment…), mais le contexte a évolué et des changements de statuts se préparent dès 1959. Il est décoré de la Légion d’honneur en 1955.

Sens et poursuite de l’œuvre : un atelier...

En août 1960, Francis Chigot a conservé le dynamisme de ses débuts.. De l’artiste il a eu l’intuition, le goût des couleurs, la sensibilité aux courants successifs de son époque. 

De l’artisan surtout, il eut la ténacité, l’application tranquille, le souci du détail, le sens de l’œuvre, la volonté d’aboutir qu’il savait communiquer autour de lui.

En 1960, les ouvriers de son atelier ont fondé une coopérative ouvrière : « l’Atelier du Vitrail » qui poursuit toujours son œuvre à Limoges.

 

… des expositions
et une association

A Limoges en 1980, à Arras en 1989, à Saint-Léonard et à Limoges en 1998, des expositions ont rappelé son rôle comme rénovateur de l’art du vitrail en France au 20e siècle. 

Pour poursuivre l’étude de son œuvre et la mettre en valeur, une association est née en juillet 2018.« Francis Chigot et l’art du vitrail au 20e siècle »   

FG_Chataigner

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